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Guide de décisionVérifié le 31 août 20267 sourcesMéthode en cinq passes

Le droit de préemption de la SAFER : ce qu’une loi du 18 août 2026 vient de changer pour un investisseur

« Il est institué au profit des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural un droit de préemption. » Un corps de ferme, une grange, un pré derrière la maison : la vocation agricole se lit dans le plan d’urbanisme, jamais sur le terrain.

SEPT TEXTES DU CODE RURAL ET UNE LOI DU 18 AOÛT 2026

Deux mois pour préempter votre corps de ferme. Et une fenêtre de dix ans sur ce qu’un autre a fait avant vous.

La vocation agricole d’un terrain se lit dans le document d’urbanisme, pas sur le terrain. Une friche, un pré, un fond de parcelle classé N suffisent à ouvrir le droit — et la loi du 18 août 2026 vient d’allonger les délais qui vous concernent.

  • Trois classements suffisent à donner la vocation agricole
  • Deux mois pour la société, et son silence vaut renonciation
  • Une demande de visite qui suspend le délai sans borne écrite

TEXTES LUS SUR LÉGIFRANCE

7

DÉLAI DE LA SAFER

2 mois

DURÉE AVEC SUSPENSION

3 mois

FENÊTRE DU CHANGEMENT DE DESTINATION

10 ans

DÉLAI DE CONTESTATION

6 mois

ÂGE DE LA LOI NOUVELLE

13 jours

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. Le droit existe et il est large. « Il est institué au profit des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural un droit de préemption en cas d’aliénation à titre onéreux de biens immobiliers à usage agricole et de biens mobiliers qui leur sont attachés ou de terrains nus à vocation agricole »1.

La vocation agricole se lit dans le plan, pas sur le terrain. Sont visés les terrains situés « dans une zone agricole ou une zone naturelle et forestière délimitée par un document d’urbanisme »1.

Deux mois, et le silence libère. « Passé ce délai, son silence vaut renonciation à l’exercice du droit de préemption »4.

Et la fenêtre a doublé le 20 août 2026. Un changement de destination protège normalement le vendeur d’une contestation du prix ; cette protection tombe si le changement a été « effectué au cours des dix années qui ont précédé l’aliénation et en violation des règles d’urbanisme applicables »1 — c’était 5 ans jusqu’au 19 août 2026.

Le corpus traite le droit de préemption urbain et celui du locataire. Celui-ci porte sur le seul qui frappe les bâtiments agricoles — et sur ce qu’une loi du 18 août 2026 vient d’y changer.

Sur quoi la SAFER peut-elle préempter ?

Sur trois catégories de biens, dont deux qu’un investisseur ne soupçonne pas.

Le premier alinéa de l’article de tête les énumère dans une seule phrase, et chacune mérite d’être relevée. « Il est institué au profit des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural un droit de préemption en cas d’aliénation à titre onéreux de biens immobiliers à usage agricole et de biens mobiliers qui leur sont attachés ou de terrains nus à vocation agricole, sous réserve du I de l’article L. 143-7. »1

Notez la deuxième catégorie, celle des biens mobiliers. Le droit ne porte pas seulement sur les murs et la terre : les biens mobiliers attachés aux immeubles agricoles entrent dans le champ. Le texte ne dit pas lesquels, et ce guide ne complète pas la liste qu’il ne donne pas.

La troisième catégorie est la plus piégeuse pour un acquéreur qui n’a rien d’un agriculteur. Un terrain nu peut être préempté au titre de sa vocation agricole, indépendamment de ce qu’on y voit. Une friche, un pré derrière une maison ou un ancien verger entrent dans le champ dès lors — et seulement dès lors — qu’ils relèvent de l’un des trois classements que la section suivante détaille.

Retenez enfin la réserve finale de la phrase. Le droit s’exerce « sous réserve du I de l’article L. 143-7 »1 — un renvoi que ce guide ne développe pas, cet article n’ayant pas été lu, et qui suffit à rappeler que le champ décrit ici n’est pas absolu.

Comment savoir si un terrain est « à vocation agricole » ?

En ouvrant le plan local d’urbanisme, pas en regardant le terrain.

Le texte définit lui-même la notion, et la définition est entièrement documentaire. « Sont considérés comme à vocation agricole, pour l’application du présent article, les terrains situés soit dans une zone agricole protégée créée en application de l’article L. 112-2 du présent code, soit à l’intérieur d’un périmètre délimité en application de l’article L. 113-16 du code de l’urbanisme, soit dans une zone agricole ou une zone naturelle et forestière délimitée par un document d’urbanisme. »1

Comptez les trois portes d’entrée, elles ne se recouvrent pas. Une zone agricole protégée, un périmètre délimité au titre du code de l’urbanisme, ou une zone agricole comme une zone naturelle et forestière d’un document d’urbanisme : 3 qualifications distinctes, dont une seule suffit.

La conséquence pratique est la plus utile de ce guide, et elle tient en une vérification. Le classement d’une parcelle en zone A ou N se lit sur le règlement graphique du plan local d’urbanisme, en mairie ou en ligne : c’est le seul document qui répond à la question, et il répond avant toute offre.

Relevez l’inclusion de la zone naturelle et forestière, qui surprend. Un terrain classé N n’est pas agricole au sens courant, et il est pourtant « à vocation agricole »1 au sens de cet article : un bois, une friche, un fond de parcelle en pente.

Ce que ce guide ne dit pas doit être posé ici. Il ne traite pas les zones agricoles protégées ni les périmètres du code de l’urbanisme, dont la création obéit à des procédures propres que nous n’avons pas lues.

Ce que la loi du 18 août 2026 vient de changer

Quatre points du code rural. Deux concernent directement un investisseur.

Datons d’abord le texte, parce que sa fraîcheur est la raison d’être de cette section. La loi n° 2026-796 du 18 août 2026 d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles a été publiée au Journal officiel du 19 août ; l’article de tête est en vigueur depuis le 2012. Ce guide est écrit 13 jours après la promulgation.

Son article 37 modifie 4 points du code rural2. Il insère un paragraphe sur les cessions portant à la fois sur des biens soumis au droit de préemption et sur des biens qui ne le sont pas, avec notifications distinctes et prix séparé. Il modifie l’article de tête. Il remplace un alinéa sur le preneur en place. Et il ajoute une demande de visite qui suspend le délai.

La modification qui compte pour un acquéreur est un doublement de délai, et elle est écrite dans le texte codifié. Un changement de destination fait obstacle à l’application d’un article, « sauf si ce changement de destination a été effectué au cours des dix années qui ont précédé l’aliénation et en violation des règles d’urbanisme applicables »1. La fenêtre était de 5 ans ; elle est de 102.

Faites le calcul sur un bien ordinaire, l’effet est brutal. Une grange transformée en logement sans autorisation en 2019 était hors fenêtre jusqu’au 19 août 2026 : 7 ans écoulés contre 5 de fenêtre. Depuis le 20 août, elle y est rentrée, et n’en sortira qu’en 2029.

Un second délai a été allongé, de 2 à 5 ans2. Nous le rapportons sans le développer : l’article 37 n’a pas pu être restitué en verbatim intégral, et ce guide ne cite entre guillemets que les fragments obtenus mot pour mot.

Combien de temps la SAFER a-t-elle pour se décider ?

Deux mois. Et son silence vous libère.

Le délai figure dans la partie réglementaire, et il est court. « L’offre ferme d’achat de la société d’aménagement foncier et d’établissement rural doit être parvenue au notaire dans un délai de deux mois à compter de la date de réception »6.

Ce que produit le silence est écrit dans la partie législative, et c’est une bonne nouvelle pour l’acquéreur. « Passé ce délai, son silence vaut renonciation à l’exercice du droit de préemption. »4 L’absence de réponse n’est pas une incertitude à gérer : c’est une renonciation.

La loi du 18 août 2026 a toutefois ajouté un mécanisme qui peut allonger ce compte. « Le délai d’exercice du droit de préemption est suspendu à compter de la réception de la demande de visite. »4 Une demande de visite arrête donc le chronomètre, et rien dans le texte lu ne borne la durée de cette suspension.

Un plancher protège malgré tout la société contre une visite tardive, et il joue dans les deux sens. Si le délai restant à courir après une demande de visite est inférieur à un mois, la société dispose d’un mois pour décider4 — point que nous rapportons sans le citer, faute de verbatim. Une procédure peut donc durer 3 mois là où elle en durait 2, soit une fois et demie plus longtemps.

Retenez la conséquence pour un calendrier d’acquisition. Le délai de préemption n’est plus une durée fixe qu’on inscrit dans un rétroplanning : c’est une durée minimale, que la partie qui la subit ne maîtrise pas.

Préempter au prix, ou préempter moins cher ?

La SAFER peut faire les deux. La seconde branche est celle qu’on oublie.

Le texte prévoit expressément qu’elle conteste le prix en préemptant. « Lorsque la société d’aménagement foncier et d’établissement rural déclare vouloir faire usage de son droit de préemption et qu’elle estime que le prix et les conditions d’aliénation sont exagérés […] elle adresse au notaire du vendeur […] une offre d’achat. »5

Mesurez ce que cela change pour le vendeur, car c’est lui que cette branche vise. Il ne se voit pas seulement substituer un acquéreur : il se voit proposer un autre prix, et la vente qu’il avait négociée disparaît deux fois.

Un détail de rédaction mérite d’être relevé, et il conditionne la section précédente. C’est précisément l’application de cet article que le changement de destination écarte1 — sauf lorsqu’il a été irrégulier dans les dix ans. La révision de prix et la fenêtre de dix ans ne sont donc pas deux règles indépendantes : la seconde commande la première.

Ce que ce guide ne dit pas doit être posé ici. Il ne décrit ni la suite de la procédure de révision, ni les recours du vendeur contre l’offre : la phrase citée a été obtenue avec des coupures signalées, et le reste de l’article n’a pas été lu.

Ce qui échappe au droit de préemption

Une liste existe. Ce guide n’en donne que ce qu’il a lu.

Un article entier y est consacré, et il s’ouvre par une formule d’énumération : « Ne peuvent faire l’objet d’un droit de préemption : »3.

Deux cas ont été obtenus en verbatim et méritent d’être connus. « Les échanges réalisés en application de l’article L. 124-1 »3 d’une part, et « Les aliénations moyennant rente viagère servie pour totalité ou pour l’essentiel sous forme de prestations de services personnels »3 d’autre part.

Une limite de méthode s’impose ici, et elle est franche. La liste complète des cas exclus n’a pas été restituée : ce guide n’affirme pas qu’elle se réduit à ces deux cas, et une acquisition qui paraît sortir du champ se vérifie sur le texte, pas sur cette page.

Notez aussi ce que cette liste ne contient visiblement pas. L’usage projeté du bien par l’acquéreur n’y figure pas parmi les cas obtenus : vouloir transformer une grange en logements ne suffit pas, en soi, à sortir du champ.

Enfin, la contestation d’une décision se referme vite. Les actions mettant en cause le respect des objectifs sont irrecevables « au-delà d’un délai de six mois à compter du jour où les décisions motivées de rétrocession ont été rendues publiques »7 — trois fois le délai dont la société disposait pour préempter.

Ce que la préemption coûte à Ysoline

Exemple construit, chiffres cohérents entre eux, aucun dossier réel derrière. Aucun texte lu ne fixe un prix ni un montant de frais : tout ce tableau est posé.

Ysoline achète un corps de ferme 340 000 € pour y créer 4 logements, soit 85 000 € de foncier par logement. Avec 260 000 € de travaux, le prix de revient complet ressort à 600 000 €, soit 150 000 € par logement, dont 56,7 % de foncier.

Ce qui est engagé avant que la SAFER se prononce

Ce que la préemption coûte à Ysoline — tableau 1
Diagnostics780 €non prévu
Architecte, esquisse et dépôt9 000 €non prévu
Avance sur frais de notaire1 500 €non prévu
Total engagé11 280 €

Les trois lignes s’additionnent à l’écran : 780 plus 9 000 plus 1 500 font bien 11 280 €. C’est 3,3 % du prix d’acquisition, et 1,9 % du prix de revient complet.

La colonne de droite est la plus importante du tableau, et elle appelle une précision. Aucun des textes lus ne prévoit le remboursement de ces frais à l’acquéreur évincé : ce guide constate ce silence, il n’en tire pas de conclusion sur d’autres fondements qu’il n’a pas examinés.

Le second scénario est celui de la révision de prix, et il frappe le vendeur. Si la SAFER estime le prix exagéré et propose 289 000 €, l’écart avec les 340 000 € convenus est de 51 000 €, soit une décote de 15 % — 4,5 fois ce qu’Ysoline avait engagé.

Ce que ce tableau ne dit pas mérite d’être posé. Il ne chiffre ni le temps perdu, ni le coût d’un dossier de remplacement, et il suppose que tous ces frais ont été engagés avant la notification. Un acquéreur qui attend la purge du délai n’expose que les diagnostics.

Quatre dossiers qui dérapent, et ce que chacun coûte

Quatre erreurs sur des acquisitions menées avec sérieux. Les montants sont ceux du dossier d’Ysoline.

Le zonage jamais vérifié. L’acquéreur regarde le bien, pas le plan. La vocation agricole se lit dans le document d’urbanisme : une parcelle classée N derrière la maison suffit à ouvrir le droit, et 11 280 € de frais sont engagés sur une opération qui n’ira pas au bout.

Les travaux engagés pendant le délai. L’architecte démarre à la signature du compromis. La société dispose de 2 mois, et une demande de visite suspend ce délai sans borne écrite : les 9 000 € d’honoraires sont exposés pendant une durée que personne ne maîtrise.

La grange transformée en 2019. Un précédent propriétaire avait aménagé la grange sans autorisation. Jusqu’au 19 août 2026, ces 7 ans dépassaient la fenêtre de 5 ans ; depuis le 20, la fenêtre est de 10 ans et la société peut de nouveau contester le prix sur ce fondement — jusqu’en 2029, sur une opération à 600 000 € de prix de revient.

Le prix jugé exagéré. Le vendeur accepte 340 000 € et découvre une offre à 289 000 €. La décote de 51 000 € représente 15 % du prix, et le dossier d’Ysoline s’arrête là quelle que soit la suite entre le vendeur et la société.

Le point commun des quatre tient en une ligne. Dans chacun, une consultation du plan local d’urbanisme ou de l’historique du bien aurait précédé un engagement de plusieurs milliers d’euros.

Six vérifications avant d’acheter un bien en zone agricole

Trois sur le bien. Trois sur le calendrier.

  1. Ouvrez le règlement graphique du plan local d’urbanisme. Une zone A ou N suffit à donner au terrain une vocation agricole, quel que soit son aspect.
  2. Listez les parcelles, pas le bien. Le droit porte aussi sur les terrains nus et sur les biens mobiliers attachés : un pré ou un fond de parcelle change la réponse.
  3. Cherchez les changements de destination des dix dernières années. La fenêtre était de 5 ans jusqu’au 19 août 2026 ; elle est de 10 depuis le 20.
  4. Comptez 2 mois, pas moins. Le silence vaut renonciation, mais le délai ne court qu’à compter de la réception de la notification.
  5. Prévoyez la suspension. Une demande de visite arrête le compte, et le texte lu ne borne pas sa durée : une procédure peut passer de 2 à 3 mois.
  6. N’engagez rien avant la purge. Sur ce dossier, 9 000 € d’honoraires d’architecte sur 11 280 € engagés auraient pu attendre deux mois.

Un mot sur les professionnels que ce sujet mobilise, et sur leur ordre d’intervention. Le notaire est au centre du dispositif : c’est lui qui notifie et lui qui reçoit l’offre, et c’est de la date de réception que court le délai. Le service urbanisme de la mairie délivre l’information de zonage, et il le fait avant toute offre. Le géomètre identifie les parcelles réellement comprises dans la vente, souvent plus nombreuses que ce que l’annonce indique. L’architecte a intérêt à ne rien engager avant la purge du délai, ce qui suppose qu’on l’en informe. L’avocat intervient si une décision se conteste, et il dispose de six mois. Et le chasseur immobilier a intérêt à ouvrir le plan local d’urbanisme avant la première visite, plutôt qu’après le compromis.

Une remarque pour finir sur ce que ce guide ne traite pas. Il ne porte ni sur le droit de préemption urbain, ni sur la préemption commerciale, qui obéissent à d’autres logiques. Il ne traite pas les travaux non déclarés pour eux-mêmes, ni la transformation d’un local en logement. Il ne dit rien de l’exploitation d’un terrain par bail à construction ni des délais d’un projet locatif pris dans leur ensemble.

UN CORPS DE FERME POSÉ À 340 000 €

11 280 € engagés avant que la société se prononce.

Sur l’exemple construit de ce guide, les honoraires d’architecte pèsent 9 000 € des 11 280 € exposés. Aucun des textes lus ne prévoit leur remboursement à l’acquéreur évincé.

  • 3,3 % du prix d’acquisition engagés avant la purge
  • Une décote possible de 51 000 € si le prix est jugé exagéré
  • Un prix de revient de 150 000 € par logement projeté
Questions fréquentes

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01 · Le champ

  • 01Qu’est-ce que le droit de préemption de la SAFER ?
    Un droit d’acheter à votre place. Le code rural pose le principe : « Il est institué au profit des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural un droit de préemption en cas d’aliénation à titre onéreux de biens immobiliers à usage agricole et de biens mobiliers qui leur sont attachés ou de terrains nus à vocation agricole, sous réserve du I de l’article L. 143-7 ». Trois catégories sont donc visées, dont deux que l’on n’attend pas : les biens mobiliers attachés aux immeubles agricoles, et les terrains nus dès lors qu’ils ont une vocation agricole.
  • 02Comment savoir si un terrain est à vocation agricole ?
    En ouvrant le plan local d’urbanisme, pas en regardant le terrain. Le texte le définit lui-même : « Sont considérés comme à vocation agricole, pour l’application du présent article, les terrains situés soit dans une zone agricole protégée créée en application de l’article L. 112-2 du présent code, soit à l’intérieur d’un périmètre délimité en application de l’article L. 113-16 du code de l’urbanisme, soit dans une zone agricole ou une zone naturelle et forestière délimitée par un document d’urbanisme. » Trois qualifications distinctes, dont une seule suffit. Notez l’inclusion des zones naturelles et forestières : un bois ou une friche classée N entre dans le champ.

02 · Les délais

  • 03Combien de temps la SAFER a-t-elle pour se prononcer ?
    Deux mois, et son silence vous libère. La partie réglementaire fixe le compte : « L’offre ferme d’achat de la société d’aménagement foncier et d’établissement rural doit être parvenue au notaire dans un délai de deux mois à compter de la date de réception ». Et la partie législative en tire la conséquence : « Passé ce délai, son silence vaut renonciation à l’exercice du droit de préemption. » L’absence de réponse n’est donc pas une incertitude, c’est une renonciation.
  • 04La SAFER peut-elle allonger ce délai ?
    Oui, depuis la loi du 18 août 2026. Le texte ajoute désormais : « Le délai d’exercice du droit de préemption est suspendu à compter de la réception de la demande de visite ». Une demande de visite du bien arrête donc le chronomètre, et rien dans le texte lu ne borne la durée de cette suspension. L’article ajoute que si le délai restant à courir après une demande de visite est inférieur à un mois, la société dispose d’un mois pour décider — point rapporté et non cité, faute de verbatim. Une procédure peut ainsi passer de 2 à 3 mois.
  • 05Peut-elle acheter moins cher que le prix convenu ?
    Oui, et c’est la branche qu’on oublie. « Lorsque la société d’aménagement foncier et d’établissement rural déclare vouloir faire usage de son droit de préemption et qu’elle estime que le prix et les conditions d’aliénation sont exagérés […] elle adresse au notaire du vendeur […] une offre d’achat. » Le vendeur ne se voit donc pas seulement substituer un acquéreur : il se voit proposer un autre prix. Sur le dossier construit de ce guide, une offre à 289 000 € face à 340 000 € convenus représente une décote de 15 %.

03 · La loi nouvelle

  • 06Qu’est-ce que la loi du 18 août 2026 a changé ?
    Quatre points du code rural, dont deux qui touchent un investisseur. La loi n° 2026-796 du 18 août 2026 d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, publiée au Journal officiel du 19 août, a été codifiée avec effet au 20 août. Le plus important est un doublement de délai : un changement de destination fait obstacle à la révision de prix, « sauf si ce changement de destination a été effectué au cours des dix années qui ont précédé l’aliénation et en violation des règles d’urbanisme applicables ». Cette fenêtre était de cinq ans. Le second est la demande de visite qui suspend le délai de préemption.
  • 07Une grange transformée sans autorisation il y a sept ans pose-t-elle problème ?
    Depuis le 20 août 2026, oui. Jusqu’au 19 août, la fenêtre était de cinq ans : un changement de destination irrégulier réalisé en 2019 était hors délai. La fenêtre étant désormais de dix ans, ce même fait est de nouveau opposable, et il ne sortira du champ qu’en 2029. C’est la vérification la plus rentable avant une offre sur un corps de ferme, et elle porte sur l’historique du bien, pas sur son état actuel.

04 · Les limites

  • 08Quelles ventes échappent à ce droit ?
    Une liste existe, ouverte par la formule « Ne peuvent faire l’objet d’un droit de préemption : ». Deux cas ont été obtenus en verbatim : « Les échanges réalisés en application de l’article L. 124-1 » et « Les aliénations moyennant rente viagère servie pour totalité ou pour l’essentiel sous forme de prestations de services personnels ». La liste complète n’a pas été restituée et ce guide n’affirme pas qu’elle s’y réduit. Retenez surtout que l’usage projeté par l’acquéreur ne figure pas parmi les cas obtenus : vouloir transformer une grange en logements ne suffit pas à sortir du champ.
  • 09Combien de temps pour contester une décision ?
    Six mois. Les actions mettant en cause le respect des objectifs sont irrecevables « au-delà d’un délai de six mois à compter du jour où les décisions motivées de rétrocession ont été rendues publiques ». C’est trois fois le délai dont la société disposait pour préempter. Ce guide ne décrit pas ces recours ni les objectifs en question, l’article qui les fixe n’ayant pas été lu : sur une décision notifiée, l’interlocuteur est un avocat.

Ce guide ne donne pas la liste des exclusions. Elle n’a pas été restituée, et nous ne la complétons pas.

Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover et perçoit des honoraires publics. Sur une préemption notifiée, l’interlocuteur est un avocat, et le délai de contestation est de six mois.

7 textes lus sur Légifrance3 sources en verbatim partiel, déclarées0 liste d’exclusions publiée

Sources et date de contrôle

Un corps de ferme, une grange, un pré derrière la maison : la vocation agricole se lit dans le plan d’urbanisme, et une loi de treize jours a doublé la fenêtre qui vous expose à une contestation du prix.

  • Source 01

    Article L143-1 du code rural et de la pêche maritime — l’institution du droit de préemption — Légifrance. Premier alinéa : « Il est institué au profit des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural un droit de préemption en cas d’aliénation à titre onéreux de biens immobiliers à usage agricole et de biens mobiliers qui leur sont attachés ou de terrains nus à vocation agricole, sous réserve du I de l’article L. 143-7. » Définition : « Sont considérés comme à vocation agricole, pour l’application du présent article, les terrains situés soit dans une zone agricole protégée créée en application de l’article L. 112-2 du présent code, soit à l’intérieur d’un périmètre délimité en application de l’article L. 113-16 du code de l’urbanisme, soit dans une zone agricole ou une zone naturelle et forestière délimitée par un document d’urbanisme. » Changement de destination : « L’article L. 143-10 du présent code n’est pas applicable dans le cas mentionné à la deuxième phrase du présent alinéa lorsque les bâtiments concernés ont fait l’objet d’un changement de destination, sauf si ce changement de destination a été effectué au cours des dix années qui ont précédé l’aliénation et en violation des règles d’urbanisme applicables. » Version en vigueur depuis le 20 août 2026, modifiée par la loi n° 2026-796 du 18 août 2026, article 37. Bandeau de version ouverte, sans date de fin ; page lue le 31 août 2026.

  • Source 02

    Loi n° 2026-796 du 18 août 2026 d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, article 37 — Légifrance. Article situé au titre III, chapitre III, « Préserver les terres agricoles ». Il modifie le code rural et de la pêche maritime en quatre points : insertion d’un I bis à l’article L. 141-1-1 sur les cessions portant à la fois sur des biens soumis au droit de préemption et sur des biens qui ne le sont pas, avec notifications distinctes et prix séparé ; modifications de l’article L. 143-1, dont le passage d’un délai de cinq à dix ans et celui du septième alinéa de deux à cinq ans ; remplacement du second alinéa de l’article L. 143-6 ; ajout à l’article L. 143-8 d’une demande de visite du bien suspendant le délai de préemption. Loi publiée au Journal officiel n° 0192 du 19 août 2026. Page lue le 31 août 2026 ; l’article n’a pas pu être restitué en verbatim intégral, et ce guide n’en cite entre guillemets que les fragments obtenus mot pour mot.

  • Source 03

    Article L143-4 du code rural et de la pêche maritime — les aliénations exclues — Légifrance. Ouverture : « Ne peuvent faire l’objet d’un droit de préemption : ». Premier cas : « Les échanges réalisés en application de l’article L. 124-1 ». Deuxième cas : « Les aliénations moyennant rente viagère servie pour totalité ou pour l’essentiel sous forme de prestations de services personnels ». Version en vigueur depuis le 15 octobre 2014, modifiée par la loi n° 2014-1170 du 13 octobre 2014, article 29. Page lue le 31 août 2026 ; la liste complète des cas n’a pas été restituée et ce guide ne prétend pas la donner.

  • Source 04

    Article L143-8 du code rural et de la pêche maritime — le silence et la visite — Légifrance. « Passé ce délai, son silence vaut renonciation à l’exercice du droit de préemption. » Et, depuis la loi du 18 août 2026 : « Le délai d’exercice du droit de préemption est suspendu à compter de la réception de la demande de visite. » L’article prévoit en outre que, si le délai restant à courir après une demande de visite est inférieur à un mois, la société dispose d’un mois pour prendre sa décision — point rapporté et non cité. Version en vigueur depuis le 20 août 2026, modifiée par la loi n° 2026-796 du 18 août 2026, article 37. Page lue le 31 août 2026.

  • Source 05

    Article L143-10 du code rural et de la pêche maritime — l’offre d’achat en cas de prix jugé exagéré — Légifrance. Première phrase, obtenue avec une coupure signalée : « Lorsque la société d’aménagement foncier et d’établissement rural déclare vouloir faire usage de son droit de préemption et qu’elle estime que le prix et les conditions d’aliénation sont exagérés […] elle adresse au notaire du vendeur […] une offre d’achat. » Version en vigueur depuis le 29 juillet 2010, modifiée par la loi n° 2010-874 du 27 juillet 2010, article 45. Page lue le 31 août 2026.

  • Source 06

    Article R143-12 du code rural et de la pêche maritime — le délai de deux mois — Légifrance. Fragment : « L’offre ferme d’achat de la société d’aménagement foncier et d’établissement rural doit être parvenue au notaire dans un délai de deux mois à compter de la date de réception ». Version en vigueur depuis le 1er janvier 2020. Page lue le 31 août 2026 ; l’article n’a pas été restitué en entier.

  • Source 07

    Article L143-14 du code rural et de la pêche maritime — l’irrecevabilité au-delà de six mois — Légifrance. « Sont également irrecevables les actions en justice contestant les décisions de rétrocession prises par les sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural ainsi que les décisions de préemption s’il s’agit de la mise en cause du respect des objectifs définis à l’article L. 143-2 intentées au-delà d’un délai de six mois à compter du jour où les décisions motivées de rétrocession ont été rendues publiques. » Version en vigueur depuis le 12 décembre 1992, créée par la loi n° 92-1283 du 11 décembre 1992. Page lue le 31 août 2026.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

Six articles du code rural et de la pêche maritime et un article de loi ont été lus sur Légifrance le 31 août 2026. Trois limites de méthode doivent être signalées, parce qu’elles touchent trois des sept sources : l’article 37 de la loi du 18 août 2026, la liste des cas exclus de l’article L143-4 et l’article R143-12 n’ont pas pu être restitués en verbatim intégral. Ce guide ne cite entre guillemets que les fragments obtenus mot pour mot ; le reste est rapporté, et le passage sur le mois rendu après une demande de visite l’est également. Le point de fraîcheur est la raison d’être de ce guide : la loi n° 2026-796 du 18 août 2026 d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles a été publiée au Journal officiel du 19 août, et l’article de tête est en vigueur depuis le 20 — son bandeau de version est ouvert, sans date de fin. Le dossier d’Ysoline est un exemple construit : les 340 000 € de prix, les 260 000 € de travaux et les 11 280 € de frais sont des hypothèses posées, non des chiffres relevés. Les délais et la fenêtre de dix ans, eux, sont ceux des textes. Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover et perçoit des honoraires publics ; sur une préemption notifiée, l’interlocuteur est un avocat.